Plastic artist
Art contemporain - Ligne, couleur, matière - Abstraction figurative
Expressionnisme contemporain - Art Brut - Street Art
ARTE CONTEMPORANEA
CHANTAL DUFOUR
DIWALI RIVISTA CONTAMINATA
FLAVIO SCALONI
7 JUIN 2026
Cliquer sur le logo pour avoir le texte en italien de Flavio Scaloni dans la revue avec les oeuvres choisies par l'auteur. l'auteur.'illustrent.
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INTERVIEW of Chantal DUFOUR from FEBRUARY 7, 2022 (7 p.m. - 8 p.m.) in the cultural program "Ecoutez, y'a rien voir" by Philippe Raimbault and Fabienne Louis, on Radio RGB, Cergy-Pontoise, 99.2 FM
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Interview/video of Chantal Dufour by Harry Bettancourt
for the Art show Paris XII exhibition (March 2022 )
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Le tracé de l’âme : l’univers signifiant et anthropologique de Chantal Dufour
Poser le regard sur le travail de Chantal Dufour équivaut à entreprendre un voyage à la fois archéologique et métaphysique, un itinéraire où la ligne cesse d’être une simple frontière géométrique pour devenir une véritable écriture de l’âme. Artiste de long cours active entre la vivacité culturelle de Paris et les suggestions paysagères de Tréguier, en Bretagne, la plasticienne française a édifié au fil des décennies un corpus monumental capable de dialoguer avec les racines primitives de l’humanité. Sa parabole créative est singulière, ancrée à l’origine dans une formation scientifique dont découle une propension rigoureuse et instinctive à la structure, pour aboutir ensuite à une liberté gestuelle totale, où la couleur et la matière deviennent les vecteurs d’une intense spiritualité. À travers une évolution esthétique cohérente, l’artiste a su transformer son expérience personnelle en un chant universel à l’existence, accueillant les blessures du temps comme des sillons féconds de beauté.
De la géométrie du signe aux suggestions des avant-gardes historiques
Les premières étapes du parcours expressif de Chantal Dufour, inauguré à la fin des années soixante, se distinguent par une rigueur graphique presque absolue, dominée par un noir et blanc à la fois structurel et émotionnel. Dans cette première phase, la toile accueille une cosmogonie originale d’oiseaux mécaniques, de robots et de structures totémiques qui reflètent, en filigrane, le dialogue jamais interrompu avec les logiques rigoureuses de la science. Cependant, avant même de coder ce langage si personnel, la peintre s’était nourrie de sources historiques hétérogènes, explorant les expressions les plus archaïques de l’esprit humain. Les fresques de la grotte de Lascaux, l’essentialité énigmatique de l’art étrusque et les volumétries harmonieuses de la Renaissance de Piero Della Francesca constituent les fondations historiques de son imaginaire. À ces références s’ajoute, au cours du XXe siècle, l’étude approfondie des rythmes, des formes et des puretés chromatiques de Vassily Kandinsky, leçon fondamentale dont l’auteure s’inspire pour libérer sa ligne d’une fonction purement descriptive, la transformant en pur rythme visuel.
Avec le tournant crucial du début des années quatre-vingt, l’univers rigide des premiers automates cède la place à une peinture nettement plus gestuelle et dynamique. Sans jamais renier la précision graphique qui en représente le noyau fondateur, l’artiste amorce une heureuse transition vers l’utilisation de pigments purs puis vers une extraordinaire densité matérielle. Ce changement formel trouve un écho critique d’exception dans la réception internationale de son œuvre. À l’occasion d’une exposition réussie à la Montserrat Gallery de New York en 1993, la critique américaine rapproche sa force anthropologique des solutions de l’Art Brut, identifiant des affinités profondes avec les maîtres Jean Dubuffet et Victor Brauner. Comme eux, la peintre dépouille la représentation de tout artifice décoratif pour se focaliser sur les qualités cachées et intérieures de l’individu,refusant la fiction du masque social.
La comédie du drame et la métaphysique de l’Oiseau
L’anthropologie artistique de l’auteure s’articule autour de deux noyaux figuratifs récurrents et spéculaires : la figure humaine et la silhouette de l’oiseau imaginaire. À partir de 1991, prend forme l’une des séries les plus connues et emblématiques de l’artiste, intitulée significativement Comédie humaine. Dans ce cycle pictural, les visages abandonnent les contours académiques pour devenir les expressions pures d’un contraste universel. Les grands yeux écarquillés qui dominent les toiles ne se contentent pas de regarder le spectateur,mais l’interrogent, condensant simultanément une joie secrète et une douleur profonde. Cette duplicité expressive suggère une profonde vérité philosophique : l’acceptation de la simultanéité des opposés comme seule voie pour se réconcilier avec l’inquiétude et la vulnérabilité du vivre au quotidien. Les traits des sujets apparaissent parfois énucléés, suspendus dans un espace intemporel où le recours à des stratifications matérielles – telles que papiers de soie, cartons, collages et fibres de résine – restitue la vibration de la lumière et de l’ombre.
À côté des portraits anthropomorphes, l’Oiseau s’érige en messager universel des rêves et des aspirations humaines. Les formes de ces volatiles mythologiques, à l’origine aiguës et tranchantes, se sont progressivement adoucies et humanisées au cours de la carrière de l’auteure. Parfois massés dans de longues processions rythmiques ou insérés dans les pièces d’une énigme métaphysique complexe, ces oiseaux interpellent le spectateur avec des regards denses emplis de circonspection et de doute. Il ne s’agit pas d’une simple opération faunique ou décorative, mais d’un choix poétique précis : le vol devient la métaphore de l’immensité des espérances humaines, une tentative incessante de dépasser la limite terrestre pour explorer l’infini.
Matière et temps dans les expositions contemporaines et les collaborations artistiques
L’évolution la plus récente de la production artistique de la plasticienne française révèle une exceptionnelle aptitude à l’ouverture disciplinaire et à la création sur des supports non conventionnels. Le travail sur la texture picturale, poussé parfois jusqu’à sa quasi-totale dissolution ou à un effet de fresque, traduit visuellement une recherche récurrente sur la mémoire et sur le passage du temps. Les blessures de la toile deviennent les blessures de l’histoire individuelle et collective. Afin d’étendre l’espace du récit visuel au-delà du cadre des frontières traditionnelles, l’auteure a entrepris au fil des ans d’heureuses incursions dans le domaine des installations monumentales et des grands formats, comme en témoignent les triptyques et les imposantes impressions numériques sur supports textiles et bâches en polyester.
Un chapitre d’un intérêt essentiel dans cette recherche contemporaine est constitué par les remarquables collaborations avec des maîtres de la sculpture et de l’artisanat d’art. On remarque à cet égard les projets d’expositions conçus en symbiose avec le sculpteur Philippe Le Ray, dont les structures en acier inoxydable forgé à chaud dialoguent en parfaite harmonie avec le signe fluide de l’artiste. Plus récemment, le partenariat intellectuel et plastique avec la céramiste sculptrice Manoli Gonzalez a donné naissance à des créations d’une extraordinaire suggestion, parmi lesquels les expositions à succès « Éclats et Silences» et, par la suite, « Échos », présentée à la Galerie de Mézières à Eaubonne.
En ces occasions, la surface tridimensionnelle du grès façonné par Gonzalez se transforme en la toile idéale pour Chantal Dufour, qui intervient sur les volumes céramiques et leurs engobes noirs, en traçant des graphismes et en incisant la matière pour donner vie à des sphères et des galets sculpturaux d’une rare puissance expressive.
Cette nécessité continue de redéfinir les frontières du langage visuel a conduit la peintre à exposer dans des contextes d’importance aussi bien parisiens qu’internationaux, tout en maintenant un lien intime et fécond avec le public grâce à l’ouverture régulière de son atelier breton à Tréguier, lieu d’authentique genèse poétique. L’art de Chantal Dufour se confirme en définitive comme un miroir fidèle et rigoureux de notre contemporanéité, un laboratoire en constant mouvement où la ligne, libre de toute soumission, continue de raconter avec une ferveur inlassable les rêves, les doutes et les immortels espoirs de l’humanité.
Juin 2026
CIRCLE Foundation for the Arts. Article et biographie
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Article dans Maison et Jardin, magazine. Février 2025

Magazine July/August 2022
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